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Voyages et reportages dans les Balkans
           
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Quelques villes sur ma route

Sarajevo le soir depuis les hauteurs. Photo MF, septembre 2006

Si les paysages et l'atmosphère multiculturelle de la Bosnie ont un charme indéniable, les grandes villes que j'ai croisé ne se visitent pas comme Rome ou Avignon. Inutile ici de chercher un musée académique ou d'immenses quartiers touristiques. La Bosnie n'est sorti indemne ni de la guerre, ni du demi-siècle de communisme d'État, qui a fait de ce petit pays le coeur de l'industrie lourde yougoslave. Si votre voyage est purement touristique, alors, honnêtement, rares seront les villes dont l'exploration elle-même méritera plus d'une journée ; cherchez plutôt du côté des bosniens, de leur vie et de leur histoire. Sachez enfin que la Bosnie est un pays très sûr, où les chiffres de la délinquance sont très inférieurs à ceux de nos villes occidentales.

Il existe désormais un office du tourisme de Bosnie-Herzégovine, dont le site est bien fait. Pour découvrir ce pays, vous pouvez consulter le Petit Futé (le commander),le seul guide francophone publié sur la Bosnie, utile mais un peu sommaire. Les anglophones lui préfereront le Bradt (le commander), bien plus complet. Le nouveau Lonely Planet Western Balkans (le commander) est aussi une bonne référence. Le Courrier des Balkans vous donnera enfin les dernières actus, avec le regard décalé qui caractérise ce magazine en ligne. En attendant une rubrique plus détaillée en préparation, j'ai commencé une page de références bibliographiques et cinématograhiques sur la Bosnie.

Je me contente plus bas d'illustrer mes photos par quelques impressions personnelles. En septembre 2006, j'ai enfin découvert Bihac et Srebrenica : en attendant que j'évoque ici ces deux villes très différentes, vous pouvez lire le récit que j'y ai consacré sur mon Blog de reportages.

 

Voyage pratique
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Sarajevo

Quand je repense à Sarajevo, c'est l'odeur du feu de bois qui me revient immédiatement en tête ; en s'échappant des poêles par les cheminées, elle flottait sur les rues du quartier Ottoman en hiver. A Sarajevo, j'ai vu l'agitation des voitures de la police européenne, la profusion des organisations internationales et la fièvre du centre culturel français qui se préparait à accueillir Jane Birkin. J'ai adoré l'atmosphère multiculturelle de cette ville, son petit centre-ville, ses taxis qui se faufilent entre les antiques tramways. Il y a un peu d'Istanbul à Sarajevo.

Quantité de bars et restaurants sympas vous feront garder un bon souvenir des nuits sarajéviennes. La ville est aujourd'hui moins cassée, même si la guerre est encore dans toutes les têtes. Le "tunnel of war" est là pour entretenir le souvenir : figurant parmi les rares attractions touristiques, on s'y serre autour d'un radiateur électrique pour regarder un film bidon où des acteurs simulent une attaque à la kalachnikov sous le regard bienveillant d'une petite vieille. La voix off ne précise pas le tarif payé par les habitants pendant la guerre pour pouvoir fuir le siège.

Et puis on hallucine un peu en visitant cette capitale sans grande librairie où l'on célèbre partout avec fierté le souvenir de jeux olympiques d'hiver terminés il y a vingt ans. Les deux stations de ski sont toutes proches. A Sarajevo, j'apprécie cette extraordinaire omniprésence de la montagne : les premiers chalets sur les hauteurs sont à vingt minutes de marche de la grande bibliothèque au bord de la Miljacka. Voir un plan intercatif des rues de Sarajevo

 

Tranquille Travnik

A quelques heures de Sarajevo, cette bourgade est surtout réputée pour sa jolie petite mosquée à la façade colorée. Je garde un souvenir ému de ma promenade sous la neige jusqu'à la jolie forteresse qui la domine, à flanc de montagne. Face à elle, on chemine dans les ruelles au milieu des maisons anciennes et des bâtiments de style autrichien. Un cadre idéal pour se replonger dans l'atmosphère nostalgique de la Chronique de Travnik d'Ivo Andrić !

 

Les espoirs de Mostar

"Après-midi coup de blues à Mostar" : c'est ainsi que commence mon carnet de voyage le soir de ma visite. Entre les bâtiments en ruine de la rive Est et le silence morose d'un samedi après-midi d'hiver qui avait vidé rues et commerces de toute vie, il y avait de quoi sérieusement déprimer.

Il m'a fallu patienter jusqu'au soir pour découvrir un autre visage de Mostar. Alors, les rues longeant la Neretva se sont emplies d'une foule joyeuse qui semblait en promenade perpétuelle entre les deux rives. Ignorant les bars à moitié vides comme les passerelles sur son chemin, la jeunesse de Mostar était de sortie, transfigurant au passage ma vision de la cité. Plus tard, les jeunes me parlaient à la fois de leurs espoirs d'étudier dans un unique collège réunifié, ignorant les clivages communautaires - et de leur rêve d'exil aux États-Unis.

La reconstruction du pont est une vraie réussite, qui fait désormais de cette ville l'une des grandes attractions touristiques de la Bosnie, à quelques heures de la Croatie. Mostar n'en reste pas moins l'une des villes qui cristallise le plus les conflits interethniques et les délires nationalistes en tous genres.

 

Medjugorje, la foi bon marché

Pas besoin d'être croyant pour être intrigué par cet étrange village aux allures de Disneyland de la foi. La plupart des édifices de Medjugorje, église inclue, ont le charme des cités balnéaires bétonnées des années 1980. Les aficionados des apparitions apprendront qu'elles ne sont pas reconnues par le Vatican. Ils se consoleront en consultant les revus aux accents nationalistes vendues dans l'église des Franciscains. En février 2005, Ante Gotovina (criminel de guerre croate inculpé par le TPIY) faisait la une !!! Pour les souvenirs kitschs, il y a l'embarras du choix dans les commerces du centre.

 

Tuzla : la grande industrielle

La photo ci-contre ne met pas cette ville à son avantage, qui possède un mignon centre commerçant. Mais elle présente aussi la réalité d'une cité industrielle que domine une hideuse centrale thermique - sans battre pour autant les records de la sinistre Zenica, vraiment effayante. Il y a un an, le maire a eu la bonne idée de créer un lac artificiel sur les anciennes carrières de sel, qui a rencontré un sucés phénoménal l'été suivant. Ce sont ces carrières qui sont à l'origine de l'instabilité des fondations d'une ville où l'on peut rencontrer un extraordinaire bar à plusieurs niveaux, qui s'enfonce inexorablement dans le sol. "Un jour, nous allons tous disparaître d'un coup sous terre avec Travnik" m'a assuré un habitant en rigolant. Au dessus du lac salé, on repère de drôles de triangles en bois plantés à la verticale : d'anciens puits d'extraction de pétrole. Plus haut a été installé dans le coin d'un parc l'émouvant cimetière qui accueille les deux cent victimes, jeunes en majorité, tombées le 25 mai 1995 sous les obus du "srpski fasistcki agresor" - désigné par une plaque sans nuance qui ne va pas aider à la réconciliation.

 

À Visegrad, le pont et... le pont !

C'est mon compagnon de voyage, Dennis, qui a pris ce cliché. S'il a trouvé le site charmant, il m'a assuré qu'il n'y avait pas grand chose à y voir en dehors du fameux pont sur la Drina... qui lui a tout de même coûté une journée de transport et pas mal de temps sur place pour attendre le bus du retour.

 

Banja Luka, l'autre capitale

Bienvenue dans la capitale de la République serbe (RS), l'une des deux entités qui composent la Bosnie. Une capitale très occidentale sans charme excessif, avec ses quartiers résidentiels à l'américaine, ses grandes rues commerçantes et ses imposants bâtiments administratifs. Ce que j'ai surtout rapporté de Banja Luka, ce sont des points de vue différents sur l'actualité et l'avenir du pays, indispensables pour se former une opinion nuancée.

© Matthieu Fauroux - 2007

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