Voyages et reportages dans les Balkans |
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Une rando en Croatie Pour suivre ma randonnée et organiser la vôtre, vous pouvez consulter le site du parc de la Paklenica, leur carte du massif, ainsi que celle, plus détaillée, de mon parcours et ma galerie de photos. |
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Le chemin des crêtes, en redescendant le Brdo. |
De la Bosnie à la Croatie, quelques explications Durant mon premier voyage à travers la Bosnie, j'avais dû me contenter d'observer la montagne depuis les fenêtres des bus. Pour commencer cet été de vacances, j'étais bien décidé à y retourner avec ma copine Juliette pour y explorer le plus grand parc national bosnien, culminé par le Mont Maglic : la Sutjeska. Dans un pays où le voyage relève un peu de l'aventure et où l'usage des langues étrangères n'est pas si courant, nous avons échoué à organiser ce voyage. Les raisons ? Pas de site web ni d'interlocuteur disponible au parc, impossible de trouver une carte ou un guide - et une agence de voyage méprisante(Green Visions) qui a rapidement cessé de répondre à nos mails... Très déçu, nous avons dû nous résoudre à la dernière minute à prendre un bus pour la Croatie, où j'avais déjà passé de bons moments. |
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Entre 0 et 1753 m : le parc national de la Paklenica A quelques kilomètres de Zadar, au Nord de la Dalmatie, ces montagnes ont les pieds dans l'eau : c'est donc du petit port de Starigrad, bien desservi par les bus, que commence l'aventure. Histoire de s'échauffer les giboles, cinq kilomètres restent encore à parcourir pour atteindre l'entrée du parc. Les gardiens sont polyglottes et disponibles. On peut y acheter deux cartes : la plus chère, à 50 Kn, détaille le relief et propose des parcours chronométrés. Avec notre ravitaillement sur le dos, nous avons souvent un peu dépassé les temps indiqués, mais ceux-ci semblent réalistes quand on est moins chargé. |
La mer et les îles sont omniprésentes derrière la montagne. |
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Le confortable refuge du Dom Paklenica, à 480 m. |
De refuge en refuge PREMIER JOUR: En quatre jours, nous n'avons pu essayer que trois des cinq refuges que comptent le parc de la Paklenica. Avec 18 heures de bus dans les pattes et les esprits, les trois heures de marche jusqu'au Dom Paklenica nous ont semblées suffisantes pour la première journée. Facile et très fréquentée, la route pavée depuis le parking du parc avance entre les gorges où des grimpeurs harnachés sont à l'oeuvre. Pas le parcours le plus intéressant, si ce n'est pour aller savourer, à la cabane de Lugarnica (voir carte), les délicieuses saucisses croates grillées au feu de bois Un kilomètre plus loin, notre première étape est sans conteste la plus célèbre du parc: le Dom Paklenica (ci-contre). Un sympathique gardien veille sur lui ; disponible et anglophone, celui-ci connaît le parc comme sa poche. Pour la suite du voyage, il nous a été de précieux conseil pour nous indiquer les sources taries de la carte. Pas de ravitaillement disponible ici, mais de petites chambres-dortoirs propres et confortables, dans un environnement forestier idéal pour se plonger dans l'ambiance de notre rando. C'est d'ici que partent la plupart des sentiers pour le parc, plus ou moins difficiles.
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Remonter aux sources de la Paklenica SECOND JOUR: Suivant les conseils du gardien, nous avons décidé de nous mettre en route pour la cabane Irin Vodice. Le petit sentier (n°20 sur la carte) évolue le long de la rivière Paklenica, qu'il remonte doucement avant de bifurquer vers l'un des ruisseaux qui l'alimentent. Nous nous sommes peu être plantés quelque part, en étant forcés de quitter le cours de ce torrent par l'escalade d'une pente de terre abrupte où les racines nous ont servies de prises ! Au retour, le sentier n°21 nous fera beaucoup moins de difficulté. Comme dans l'ensemble du parc, le chemin est heureusement bien balisé à la peinture rouge. Si la première partie est plutôt sympa, le long de ce joli cours d'eau, la fin de la ballade monte fort pour parcourir les 300 derniers mètres de dénivelées le long du ruisseau qui grimpe à travers la forêt. Le paysage vaut heureusement le détour. Pas un randonneur en vue, comme durant nos quatre jours de rando.
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Un beau sentier dans la forêt, parcouru sans rencontrer personne. |
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La fraîcheur d'un petit auvent et de l'eau du puits: bienvenu à la cabane Ivine Vodice, 1201 m! |
Un peu de hauteur Avec ses bancs à l'ombre, l'eau bien fraîche du puits et sa cabane au milieu de la clairière, le Vodice est l'endroit idéal pour une pause, 3h30 après notre départ du Dom. Entré dans le refuge, le charme passe un peu : une unique fenêtre aux carreaux fendus, volets et porte en fer peints en camouflage et une échelle qui mène à une obscure sous-pente... (voir plus bas le 3ème jour) D'ici, le Sveto Brdo, deuxième plus haut sommet du parc, n'est qu'à deux heures de marche. Pour ce soir, nous décidons de continuer vers le Vlaki Grad, un autre refuge à une heure de marche en passant par un sentier étroit qui traverse la forêt en montant et descendant sans cesse. Un peu comme dans un jeu de piste, nous avançons en suivant les ronds peints de loin en loin sur les arbres.
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Refuge avec vue Un drôle de bâtiment nous attend. Orienté plein sud face à la vallée et la mer, ce refuge en bois recouvert de plaques de tôle reflète violemment le soleil à la manière de la carlingue d'un vieux bombardier. C'est pourtant un endroit inoubliable. Grand, lumineux et aux murs bien isolés, il est nettement plus sympathique que le Vodice. A l'intérieur, le drapeau croate et les saucisses dalmates suspendus aux murs lui donne tun certain cachet. Surtout, des fenêtres et de sa terrasse, il offre une vue unique sur le parc et jusqu'à la mer où s'étendent les îles Kornati et Dugi Otok. Sur place, nous faisons la connaissance d'un marin en retraite habitant Stari Grad qui nous indique la source du coin - qu'on n'aurait jamais trouvé sans lui ! Elle coulait discrètement sous un rocher dans la forêt, à 50 mètres en contrebas du refuge. Pour info, un balisage indiqué "voda" avec un croix rouge y mène en bas de la bande de sable avant le refuge. |
A 1375 m, le refuge de Vlaki Grad a un charme certain... |
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... et offre une vue à couper le souffle sur le massif et les îles. |
Le secret des ours Après avoir partagé notre dîner avec notre nouvel ami, celui-ci nous emmène grimper sur le Vlaki Grad, un gros rocher en forme de pain de sucre avec une belle perspective. Nous savourons ensuite une boisson qui fait le fierté du marin : une tisane à base d'une plante qui pousse dans le coin et que celui-ci est venu exprès récolter pendant quatre jours. Il nous affirme avec sérieux que c'est l'unique endroit où pousse cette "medezin" qui nous fera vivre 100 ans. D'après Juliette, il y en a en fait plein le Jura... En tout cas, avec du miel, sa tisane "d'herbe des ours" n'est pas mauvaise du tout et ces lignes témoignent qu'on y a survécu ! Nous pouvons donc nous endormir, malgré la chaleur suffocante dégagée par le poêle que notre ami a allumé à notre attention.
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Serpenter vers le sommet TROISIÈME JOUR: D'où part le sentier vers le Sveto Brdo, second plus haut sommet du parc ? Probablement d'un peu avant le refuge ; mais nous sommes d'abord descendus le long du Vlaki jusqu'aux fondations d'une maison avant de attraper un chemin qui grimpait à flan de coteaux dans la bonne direction. A cette attitude, il n'y a plus d'arbres, la vue est dégagée, magnifique. Quelques vipères à nez retroussé "d'Orsini"( Vipera ursinii ursinii) seront nos seules rencontres de la journée, avec une orvet, nous causant à chaque fois de sérieuses frousses - sous les crochets, l'hôpital ! Arrivé sur la Crête, le sentier descend et traverse une cuvette, style volcans du Massif Central, avant de monter finalement vers le Sveto Brdo. Le vent est si fort que nous nous abritons derrière nos sac pour le pic-nic. Le panorama à 360° est exceptionnel, du côté de la plaine comme vers la mer où l'on distingue de nombreuses îles.
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Le Sveto Brdo (1753 m) se mérite : le chemin monte sec et les vipères sont au rendez-vous ! |
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En redescendant du Brdo, un magnifique sentier parcours la crête. |
Puisqu'il faut bien redescendre... ... nous nous mettons en route, non sans avoir au préalable signé le livre d'or bien protégéau sommet dans son étui d'aluminium. Un tampon encreur indiquant "Sveto Brdo, 1753m" permet d'immortaliser le moment et d'en rapporter un souvenir. La cuvette retraversée, nous pouvons, à l'intersection avec le chemin de l'aller, parcourir le début du sentier qui chemine sur la crête (voir la carte), mon meilleur souvenir de la ballade. Faute d'eau en quantité suffisante - le trajet total, qui dure environ cinq heures, ne dispose pas de source - il nous faut cependant bifurquer et redescendre vers le Vodice (compter 30 mn depuis la crête). C'est là que nous passons la nuit, après avoir fait un bon feu dans le poêle mais avoir quand même ouvert la fenêtre pour éviter l'intoxication au Co2 !
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Retour au niveau de la mer QUATRIÈME JOUR: Nous payons notre manque de prévision par un horrible petit déjeuner à base de nouilles et de soupe en sachet ! Pour la descente, nous empruntons cette fois-ci le sentier n°21 (voir la carte), qui ne réserve pas d'autre surprise que les moustiques voraces qui découragent toute tentative de pause - pensez à apporter un bon antimoustique dans le parc, celui d'Hansaplast ne nous a été d'aucun secours ! Juste avant le Dom, nous croisons un joli petit hameau, Parici, avec des chevaux dans un prés. Un bon déjeuner à Lugarnica et nous voilà reparti au milieu des gogos, tentant en vain de faire de l'auto-stop entre le parking du parc de la Paklenca et l'arrêt du bus pour Zadar, 5 km plus loin (au niveau de la station d'essence INA).
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La photo a été prise du Vlaki Grad, mais ça fait toujours joli ici... |